Délégationde Paris

Vers une loi plus humaine : deux députés à la rencontre des migrants

Les députés de la 3e et de la 10e circonscription de Paris, Stanislas Guerini et Anne-Christine Lang, ont répondu à l’invitation des personnes accompagnées et des bénévoles de la délégation Secours Catholique de Paris.

Le député Stanislas Guerini à la Maison Caritas Batignolles, le 31 mars 2018.

publié en avril 2018

À la Maison Caritas Batignolles le 31 mars et à la Maison Caritas Alésia le 11 avril, Aïssatou, Ferdous, Feroj, Khalil, Thomas, Younis, Zahia et d’autres personnes accompagnées par le Secours Catholique de Paris ont témoigné de leur situation et de leurs difficultés mais aussi de leur envie très forte de pouvoir s’installer en France.

Quatre sujets majeurs ont été abordés au travers de ces témoignages : droit au travail, règlement de Dublin, accès au logement et aux soins.

Pour Feroj, l’accès au logement est primordial. « J’ai obtenu le statut de réfugié politique. Mon problème est celui de trouver un logement. Je vis chez des amis et ma femme vit ailleurs. J’ai fait une demande DALO et deux recours auprès du tribunal administratif. Après quatre ans et demi, je viens d’apprendre qu’un logement va m’être attribué. Je souhaite que l’accès au logement soit facilité et garanti pour tous les réfugiés comme moi. »

Thomas, lui, interpelle les députés sur la question de l’accueil des migrants qui ont besoin de soins. « Je suis venu en France pour me faire soigner d’une maladie chronique parce qu’il n’y a pas de traitement possible de cette maladie dans mon pays d’origine. Cela fait trois ans et je n’ai toujours pas de carte de séjour pour soins. Je souhaite m’établir en France pour le traitement à vie de ma maladie. Les délais d’obtention de la carte de séjour pour maladie sont bien trop longs et les procédures très lourdes. Il faudrait permettre aux sans-papiers de travailler légalement et leur faciliter l’hébergement, surtout pour les personnes malades comme moi. »

Khalil témoigne de sa difficulté à trouver un emploi. « J’ai déjà travaillé durant de très courtes périodes mais mon statut m’empêche d’avoir un contrat de travail. En Algérie, j’ai travaillé dans des salles de sport et je souhaiterais faire de même en France. Je vous interpelle pour que vous preniez conscience qu’un droit au travail est nécessaire pour les personnes dans ma situation. »

Younis, c’est en anglais qu’il interpelle sur la situation des migrants « dublinés ». « Je suis venu du Darfour par la Libye et l’Italie. J’ai été forcé de donner mes empreintes en Italie. Je veux rester en France parce qu’il y a des gens qui m’aident et que je peux étudier. Je suis accompagné. Ma proposition est de supprimer le règlement de Dublin. »

Pour la députée Anne-Christine Lang, qui s’est engagée sur la formation et l’éducation des migrants en déposant des amendements, l’enjeu de la loi est le suivant : « On sait, et on assume, que tout le monde ne pourra pas rester mais ce projet de loi permettra de s’assurer que ceux qui ont vocation à rester puissent le faire dans les meilleures conditions. »

Les deux députés conviennent que ce projet de loi ne peut répondre à tous les enjeux de la migration.

Anne-Christine Lang précise que La République en marche a déposé des amendements pour répondre à des situations vécues par les personnes présentes. « Sur la santé, on va faire en sorte que les personnes qui ne peuvent pas se soigner dans leur pays puissent avoir un titre de séjour. » En dehors de ce texte, « sur l’hébergement, il va y avoir un nouveau projet de loi logement. On va proposer un choc d’offre. On a pris un retard énorme dans la construction. »

De son côté, Stanislas Guerini convient que « le règlement de Dublin n’est pas adapté » et que « le problème du droit au travail est un vrai sujet ».

Le débat sur le projet de loi relatif à l’asile et à l’immigration a commencé lundi 16 avril à l’Assemblée nationale. Le Secours Catholique de Paris espère que ces rencontres auront permis aux députés d’avoir à cœur de vraiment répondre concrètement aux situations vécues par les migrants en France.

Une belle mobilisation nationale pour un changement de regard

Stanislas Guerini et Anne-Christine Lang font partie des 140 députés et sénateurs qui ont répondu à l’invitation, faite par le Secours Catholique-Caritas France, de venir à la rencontre des personnes migrantes dans les accueils et les délégations de l’association.

Cette mobilisation nationale, en deux mois seulement, a permis d’appeler largement ces députés à faire œuvre de pragmatisme en apportant une solution humaine et digne aux personnes migrantes présentes sur le territoire, en attente de droits ou de protection.

Le Secours Catholique attend en particulier qu’une mesure soit adoptée pour permettre à des milliers de familles de poursuivre légalement leur intégration dans notre société et sortir ainsi de la marginalité sociale, et pour qu’une révision majeure soit apportée sans tarder aux conditions d’application par la France du règlement Dublin, dont les conséquences désastreuses sont connues de tous.

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