Délégationde Paris

Une rencontre pour nourrir la réflexion

La Maison Caritas La Chapelle à la rencontre du député Pierre-Yves Bournazel

« Je conteste cette loi asile et immigration car les gens qui l’ont écrite n’ont pas été dans cette situation. Ils ne se rendent pas compte de la difficulté et du temps d’attente. » Le témoignage de Mariam, réfugiée syrienne, est dur. Il raconte le départ, le délai pour avoir un rendez-vous à la préfecture, pour trouver un logement…

Le député Pierre-Yves Bournazel à l'écoute des migrants.

publié en mai 2018

C’est avec leurs mots et leurs histoires que Boubacar, Élysée, Jean-Paul et Mariam ont interpellé Pierre-Yves Bournazel, député dans la 18e circonscription de Paris.

« J’ai passé un an et demi en Italie là où ma demande d’asile a été acceptée. On comprend rien, on est complètement perdu quand on arrive. J’ai fait une demande en France, pays dont je comprends la langue et ma demande a été refusée. Moi je croyais que l’Union européenne, c’était comme un seul pays », raconte Jean-Paul qui se retrouve sous le coup du règlement de Dublin et ne peut plus demander l’asile en France. Sa proposition : faciliter la mobilité en Europe pour les personnes ayant obtenu l’asile dans un autre pays d’Europe et favoriser l’accès au travail.

Élysée est arrivée en France en 2013. Elle raconte : « Lorsque ma fille, née de père français, est arrivée, nous avons été hébergés par le Samu social dans un hôtel du 13e grâce à une assistante sociale de l’hôpital. Depuis, nous habitons à l’hôtel avec mes trois enfants. Pour obtenir la carte d’identité de Madeleine, ma fille française, les difficultés administratives ont duré deux ans. J’ai maintenant un titre de séjour mais je ne parviens pas à trouver du travail, donc à avoir des revenus pour pouvoir postuler à un logement. »

Pierre-Yves Bournazel est sensible au sujet car la 18 circonscription de Paris, dans laquelle il est député, est particulièrement concernée par l’accueil des migrants. « J’ai déposé plusieurs amendements sur la fin du délit de solidarité, sur l’accueil des homosexuels qui sont persécutés dans leur pays, sur l’aide au développement… Sur le travail, on est dans un système hypocrite. À partir du moment où il y a une demande d’asile, il faut pouvoir travailler. Il faut de meilleures conditions d’accueil (hébergement, formation, emploi, langue). Ça permet de pouvoir s’intégrer. »

Cette équipe qui a interpellé le député est constituée de migrants, de bénévoles et de salariés du Secours Catholique et de l’Association des cités du Secours Catholique. C’est le troisième groupe qui s’est constitué à Paris à la suite de l’invitation lancée le 17 janvier par Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique-Caritas France, aux députés. L’objectif : que la rencontre des députés avec les personnes migrantes permette d’éclairer les discussions autour du projet de loi.

Pour le député, la rencontre est intéressante : « J’aime apprendre et comprendre de la vie des autres parce que ça nourrit une réflexion. Cela permet aussi de s’armer dans ses argumentations quand on relaie des amendements. Ça permet de comprendre les blocages, les inquiétudes pour voir là où on peut apporter des solutions. Lorsqu’on vote un texte, c’est quelque chose qui va exister ensuite dans la vie réelle. »

Au-delà du projet de loi, la démarche va se poursuivre puisque Pierre-Yves Bournazel a déjà pris un nouveau rendez-vous pour aller ensemble, sur le terrain, à la rencontre d’autres personnes et d’autres histoires pour voir où apporter des solutions.

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