Délégationde Paris

La prison de la Santé réouvre !

Devenir bénévole auprès des personnes détenues

« Devenez bénévole », c’était le leitmotiv de ce forum organisé par les 5 associations qui se préparent à intervenir auprès des détenus de la Maison d’Arrêt de la Santé à Paris.

La prison de la Santé réouvre !

publié en janvier 2019

Depuis 5 ans, la prison avait été vidée de ces détenus et de ses activités. L’arrivée progressive des 1 000 détenus depuis le début du mois de janvier nécessite la mise en place d’actions d’accompagnement des détenus dans leur détention mais aussi vers la sortie.

A travers plusieurs témoignages de détenus et de bénévoles, la centaine de futurs engagés venus participer au forum ont pu avoir un aperçu de la forme que pourrait prendre une action bénévole et engager le dialogue avec les responsables du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP).

Anne Luro, adjointe au directeur du SPIP, le précise d’emblée : « sans le concours des associations, nous ne pouvons rien faire. On ouvre de plus en plus la prison aux professionnels.  » Ce sont donc 11 actions culturelles et 18 autres actions d’accompagnement, de temps collectifs qui seront portées par les associations en prison.

« La personne que vous allez rencontrer a déjà été jugée, alors ne la jugez pas. » C’est avec ces mots que Jean Caël, responsable du plaidoyer « prisons » au Secours Catholique, introduit l’après-midi dont la vocation est aussi de déconstruire les fantasmes autour de la prison pour identifier ce qui sera au cœur des actions menées : la reconstruction de liens sociaux, d’un espoir et d’un avenir par la relation de confiance nouée avec le détenu.

Jacques Million, du vicariat pour la solidarité du diocèse de Paris, à l’origine du dialogue interassociatif à la prison de la santé précise le deuxième enjeu de ce forum : « avant tout se connaître ensemble » parce que la continuité et la complémentarité dans l’accompagnement des personnes incarcérées est fondamentale pour lutter contre la récidive et permettre une meilleure insertion sociale.

Stéphane Allemand, ancien détenu à Fleury-Mérogis et apprenant avec l’association Auxilia, depuis 4 ans raconte : « quand je suis arrivé, ma voie, c’est de commencer à me reconstruire tout de suite. Des liens forts se sont créés avec mes profs. C’est important de se fixer des objectifs, ça m’a motivé à faire d’autres formations, d’autres diplômes. Les assos comme Auxilia, ça permet de rester haut, ça peut aider à s’en sortir. »

Jean-Pierre Faugère, bénévole au Secours Catholique, écrivain public au centre pénitentiaire de Fresnes et de Fleury-Mérogis, lui, témoigne de la posture : « pas de prosélytisme, pas de jugement moral, l’important, c’est le présent et le futur. Le passé ne nous intéresse pas. Un détenu, il est nu, pas de téléphone, pas de liberté, parce qu’il est nu, on arrive, avec lui, à une rencontre avec l’essentiel. »

Katia, bénévole à la Halte Saint-Vincent, se consacre, elle, aux familles. « Nous sommes là pour l’écoute et pour créer un climat de calme au parloir. Nous servons aussi de relais pour dire tout ce qu’il se passe en prison. »

L’après-midi de témoignages se conclue avec Lucie Félix, de l’association l’îlot qui travaille surtout avec les sortants de prison pour aider à « réinsérer les détenus qui sont en très grande détresse en les formant, en les hébergeant dans nos maisons. Pour les reconnecter au monde extérieur. »

Les échanges se sont poursuivis autour des stands des associations et notamment du CLIP, club informatique qui forme les détenus à la programmation, ou de champs libres qui intervient dans des ateliers culturels.

La suite se dessine déjà, un prochain rendez-vous en fin d’année scolaire pour continuer à partager dialogues et expériences et accompagner au mieux les détenus à la Santé.

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