Délégationde Paris

La Voûte interpelle le Conseil économique, social et environnemental

Dernière étape pour les acteurs de l’accueil de jour de la Voûte à Paris 20° qui ont assisté à la séance plénière du Conseil économique, social et environnemental du 26 juin 2019.

Photo : Marie-Anne Cantin

Dans l’objectif d’améliorer la vie des personnes en précarité, une dizaine de personnes engagées dans l’espace d’’accueil du Secours Catholique dit La Voute - de la rue des Rigoles du 20e arrondissement de Paris - ont participé aux travaux de la commission temporaire "Grande pauvreté" du CESE, le 21 mars 2019. Pour témoigner de leurs expériences et contribuer à l’élaboration des 33 propositions faites par ce groupe, trois séances de travail en amont, leur ont permis de rassembler leurs témoignages et de formuler leurs propositions autour de 6 thématiques : la domiciliation, l’accès à l’information, l’accès aux droits, l’accompagnement personnalisé, les liens humains, la lutte contre la solitude, la constitution d’un guichet unique. Roger décrit ce qu’a été sa vie d’errance, dans la rue et dans le bois de Vincennes puis, mettant en avant le rôle du "référent" bénévole pour sortir de la rue et reconstruire la confiance en soi, il explique que grâce à ce référent : « Je suis sorti du bois de Vincennes, de la rue et j’ai retrouvé un emploi.. » Baudouin, bénévole dans l’accueil de jour, référent d’une personne en précarité confie à son tour : « ...Le rôle du référent d’une personne en précarité est d’accompagner dans les moments difficiles, ... d’être présent. Cela demande du temps... de la confiance. Mon souhait est de m’engager auprès des plus pauvres de notre société, de rompre leur solitude, de créer un lien fraternel et de confiance, dans la durée ... »

L’avis du CESE adopté à la quasi unanimité reprend la proposition du "référent" sur le dossier social unique qui favoriserait les sorties de la rue. D’autres propositions portées par le Secours Catholique sont présentes dans cet avis tels l’instauration d’un revenu minimum social garanti à 855 euros, des simplifications dans l’accès aux droits, à la santé, l’affirmation du besoin d’un plan pour du logement très social...

Valoriser les connaissances et compétences des personnes en précarité, constituait une des 33 propositions portées par le groupe de la Voûte. Dans la vidéo qui a été diffusée lors de la séance plénière du 26 juin, Roger précise à ce sujet : « Une fois sorti de cette précarité, j’ai fait des maraudes pour rendre un peu de ce qu’on m’avait donné. » Là aussi, l’avis recommande que soit engagée une démarche pour reconnaître le bénévolat et la contribution des personnes en précarité, notamment via le Compte engagement citoyen.

Un regret demeure pour le groupe : toutes les propositions portées par Djibril autour de la reconnaissance du droit au travail pour les exilés et de la contribution à la société des travailleurs sans papiers ne font pas partie de l’avis adopté. Baudouin résume les raisons pour lesquelles il a choisi de participer à ce groupe et de témoigner de son expérience : « Pour faire changer les choses, une des priorités pour moi est la nécessité de convaincre chaque citoyen de l’existence de la pauvreté, des inégalités de revenus et de richesses. C’est un travail de conviction à mener auprès de chacun, un travail sur le terrain. »

La question est aujourd’hui de savoir comment le gouvernement se saisira de cet avis du CESE qui ne le contraint pas à agir.

À la Voûte, le travail ne fait que commencer. Le nouveau projet de la délégation de Paris va inciter chaque groupe à s’engager dans des actions collectives de plaidoyer et de changement de regard. Le groupe est prêt à poursuivre son travail de conviction après la trêve estivale.

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