Délégationde Paris

De plus en plus de familles hébergées dans les hôtels sociaux

Ensemble, des groupes agissent

Face à l’accroissement des nuitées hôtelières des familles hébergées, des bénévoles engagés dans ce domaine au Secours Catholique de Paris constituent des groupes pour que leurs membres mènent ensemble les démarches. Voici décrits leurs actions et leur plaidoyer dans les différentes Maisons Caritas.

publié en juin 2021

L’augmentation du recours aux nuitées hôtelières s’accompagne d’une complexification de leur gestion et d’une inflation de la taille du dispositif. Dès lors, comment réussir à faire valoir les droits des familles et parvenir à un changement social réel ?

Des chiffres significatifs

Les effets délétères de la vie à l’hôtel ne sont que trop connus des familles hébergées et des bénévoles qui constituent notre réseau. En 2014, le Secours Catholique Ile-de-France avait déjà recueilli la parole des ménages dans son enquête « De l’hôtel au Logement, c’est possible ! ». À l’époque, 30 000 personnes, dont 15 000 enfants, vivaient à l’hôtel en Ile-de-France. Nuisibles en tous genres, malnutrition, privations de droits fondamentaux, ruptures dans les parcours d’accompagnement et de scolarisation venaient déjà s’ajouter à des trajectoires individuelles marquées par des vulnérabilités multiples. Sept ans plus tard, malgré les objectifs de réduction du recours aux nuitées hôtelières annoncés par la Direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement (DRIHL), le dispositif hôtelier ne cesse de croître. En octobre 2020, le nombre total de nuitées hôtelières en Ile-de-France s’élevait à 53 545 d’après la préfecture de région, pour un coût quotidien d’un million d’euros, soit environ 300 millions d’euros par an. Sur un total de 60178 ménages en Ile-de-France, on chiffre à Paris, 23 518 ménages reconnus prioritaires au droit au logement opposable entre le 1 janvier 2008 et le 31 décembre 2019, en attente de relogement,

Une action dans les maisons Caritas des arrondissements parisiens et un renouveau local

Sur le territoire de la Maison Caritas Ouest, l’équipe en 2019 a axé son action sur la thématique de "l’aller vers" dans les hôtels du nord du 17e arrondissement. Cette action vise à rompre l’isolement des familles, à développer la rencontre fraternelle entre elles et d’évaluer leur accès aux droits puis de permettre aux personnes d’être accompagnées individuellement dans leurs démarches. Ce projet vise à développer la solidarité de proximité entre les habitants du quartier. Les conditions d’hébergement difficiles et l’expérience sur de la Maison Caritas nord, a encouragé l’équipe à favoriser a prise de parole des personnes, pour qu’ensemble, elles se mobilisent sur les problématiques exprimées et construisent un plaidoyer.

Le territoire de la Maison Caritas Sud a elle aussi pour projet de développer des actions collectives avec les familles hébergées dans un hôtel tout proche de Maison blanche dans l’idée de faire se rencontrer les familles suivies par les bénévoles de Maison Blanche de faire émerger les besoins et envies d’actions à mener ensemble.

Quant à l’Apame Centre Est, les moments de convivialité et d’entraide sont aussi l’occasion d’échanges entre mamans sur les conditions de vie difficiles à l’hôtel.

Mobilisation et plaidoyer

Le 3 avril, nous avons eu la visite du préfet et de Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur et chargée de la Citoyenneté. Pascal Bourgue, président de notre association, a présenté l’action du Secours Catholique. L’Apame valorisée, a mis en valeur les besoins des mamans et leur participation à cette dynamique collective (elles décident d’elles-mêmes des produits qu’elles souhaitent, elles sont associées aux commandes et à la logistique). Elles ont témoigné de leurs conditions de vie à l’hôtel, de leur perte de travail due à la crise ou de leur situation administrative qui les empêche de travailler. Cette rencontre nous a permis d’interpeller la ministre et le préfet quant à la prise en compte de la parole des familles, leurs conditions de vie et la manière dont nous pouvons organiser une représentation des familles (type CVS). À la suite de cette visite, a été proposé au groupe d’envoyer leurs témoignages à la ministre et à la préfecture.

L’espoir d’être entendus

Rousselet, une maman témoigne de son interpellation auprès de la Ministre : « Quand j’ai vu la ministre, mon réflexe a été de l’interpeller sur la question qui demeure une préoccupation pour toutes les personnes hébergées à l’hôtel, celle des relations avec les hôteliers et les conditions de vie. » La ministre a promis de se pencher sur la question. Rousselet se sent rassurée : « L’échange a été franc, j’espère réellement que nos préoccupations seront prises en compte » Aujourd’hui, celle qui rêve d’être infirmière espère obtenir ses papiers et tourner une page de sa vie : « J’espère vivement obtenir rapidement mes papiers et céder la place à d’autres personnes nécessiteuses au sein du projet Apame ».

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