Délégationde Paris

« L’inégalité est le moteur de la société. »

Vendredi matin, ils étaient une trentaine à se réunir dans la grande salle de l’accueil de jour des Apennins après avoir partagé, comme chaque jour de la semaine, un petit-déjeuner. Réunis pour débattre et proposer des solutions, les personnes en précarité et bénévoles de cet accueil de jour dans le nord du 17e arrondissement ont participé à la démarche nationale lancée par le Secours Catholique dans le cadre du débat national.

Débat aux Apennins

publié en février 2019

« Les gilets jaunes n’ont pas les mêmes revendications que les personnes qui sont dans la rue. Ce sont des revendications de personnes qui travaillent et qui ont du mal à joindre les deux bouts. C’est pour ça que c’est important que les associations fassent des débats car on ne rentre pas dans les revendications des gilets jaunes. »

« L’inégalité est le moteur de la société. »

Dans les discussions, la question du partage des richesses, des inégalités entre riches et pauvres est centrale. Pour Jeff, « Tant qu’il n’y aura pas une politique de partage, ça ne marchera pas. ». Philippe n’est pas d’accord avec lui « Le partage, ça n’a jamais existé. C’est une utopie.  ». Jeff argumente : «  Le partage, ce n’est pas donner la moitié de sa paie. C’est plutôt l’équité entre les plus hauts et les plus bas salaires. » Il propose donc « un ratio de 1 pour 40 dans les écarts de salaires. »

La question du logement pour s’en sortir revient plusieurs fois dans les propos des habitués du lieu. « Vivre dans la rue, c’est terrible. Une fois qu’on a un toit sur la tête, un minimum d’argent, ça donne confiance en soi, ça aide à sortir la tête de l’eau, à retrouver de la dignité. On ne nous dit plus « bouge de là » mais « Monsieur ». Dans la rue, on perd tout. La rue, c’est bien pour se balader, pour faire les boutiques. Ce n’est pas un lieu pour dormir. Il y en a qui dépriment et qui se suicident. »

Dialogue interreligieux, éducation des enfants, égalité de traitement dans la justice ou dans l’accès aux soins, transition écologique, rôle des associations dans l’accompagnement des plus précaires… beaucoup de questions sont évoquées par les uns et les autres. Des propositions aussi, sont faites, pour changer les choses et rompre avec les inégalités :

  • Relever les minimas sociaux et mettre en place un revenu universel « pour que chacun puisse vivre. Le travail, ce serait un plus. Ça permettrait à tout le monde de travailler à son rythme. On n’a pas les mêmes capacités. »
  • Augmenter les salaires et limiter les écarts de 1 à 40
  • Utiliser les logements vides – « Il y a des millions de logements vacants. Si les politiciens arrivaient à négocier avec les propriétaires, ils pourraient loger toutes les personnes SDF avec une petite participation. »
  • Etre accompagnés – « Pour les SDF, il faut des étapes pour aller vers du travail, pour apprendre à gérer un logement. Il faut un accompagnement  »
  • Avoir plus de foyers logements.

A l’issue de cette heure et demie, le grand débat est loin d’être terminé aux Apennins. Dans le couloir qui mène à la sortie, Kharib lance « ça fait du bien de débattre… ». Gageons que de cette occasion donnée par le Président de la République naissent de nouveaux débats et des propositions pour que les choses changent…

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