Délégationde Paris

Hiver solidaire

Témoignages

Depuis des semaines voire des mois ils n’avaient pas dormi au chaud… Depuis plus d’une semaine c’est chose faite, dans le cadre du dispositif Hiver solidaire.

Hiver solidaire

publié en décembre 2017

Grâce au dispositif Hiver solidaire [1] mis en place par le diocèse de Paris pour la 10e année, Saïd et deux autres compères ont pu profiter de l’hospitalité de la paroisse Notre-Dame-de-Clignancourt, qui se lance dans l’aventure pour la première fois. « Vers 19 h deux jeunes bénévoles nous ont accueillis, ensemble nous avons parlé, nous avons rigolé puis dîné avec un repas préparé par d’autres bénévoles. Nous n’avons pas vu le temps passer, on se croyait à la maison. À 22 h nous nous sommes couchés sur nos matelas avec de vrais draps et des couvertures », explique tout naturellement Saïd. Le matin, réveil en douceur vers 7 h, petit déjeuner, douche, rangement de la salle, chacun poursuit sa journée et les trois hôtes ont de nouveau rendez-vous à 19 h pour une nouvelle nuit à l’abri avec de nouveaux bénévoles… Cette mise à l’abri durera jusqu’à la fin de la trêve hivernale, à la mi-mars.

Pierre a vécu cette expérience en 2016 à la paroisse Saint-Honoré-d’Eylau dans le 16e à Paris. C’est Michel, un bénévole qu’il a rencontré lors des déjeuners du Pain partagé [2] qui l’a orienté là-bas. À l’époque il était très faible physiquement à la suite d’un AVC, il dormait sur un banc dans une sorte de squat au Bourget, mais il était en insécurité. Le principe d’Hiver solidaire est identique dans les 27 paroisses et communautés participantes : arrivée à 19 h, soirée autour d’un dîner apporté par des bénévoles puis couchage. « Le premier jour j’ai été accueilli par un bénévole qui s’appelait Pierre comme moi, nous nous sommes tout de suite bien entendus. Au début les dîners étaient préparés par des bénévoles, puis au fur et à mesure ils nous ont demandé notre avis sur les menus, on choisissait ensemble. De véritables liens se sont créés avec les bénévoles mais aussi avec les autres personnes hébergées. Nous parlions beaucoup, petit à petit quelque chose se passait, une confiance mutuelle s’est tissée. Je ressens encore leur aide, je continue de penser à eux, j’ai gardé contact avec le responsable et il faudra que j’aille voir l’équipe cet hiver. »

Pierre est désormais logé à l’hôtel en centre d’urgence géré par l’association Aurore, il partage sa chambre avec une autre personne, ce n’est pas toujours facile. « J’aimerais changer et être seul, afin de me retrouver totalement, une partie de moi est encore entre parenthèses. Je suis artiste, je dessine et quand je commence un travail rien ne m’arrête, ce qui n’est pas conciliable quand on est deux, explique-t-il. Hiver solidaire m’a sorti de la rue et m’a permis de me reconnecter avec des parties de moi-même, mais il reste du chemin… » René, bénévole du Secours Catholique dans le 18e, confirme : « Hiver solidaire a été une étape décisive qui l’a fait entrer dans un dispositif d’aide sociale, nous avons encore du chemin à parcourir administrativement mais Pierre est courageux et nous essayons de le soutenir au maximum. »

[1] Voir la présentation du dispositif Hiver solidaire sur le site du diocèse de Paris.

[2] Organisés par le Secours Catholique tous les mardis et vendredis à la paroisse Notre-Dame-de-Clignancourt, dans le 18e à Paris, les déjeuners « Pain partagé » rassemblent environ 70 personnes isolées ou à la rue.

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