Délégationde Paris

Fermeture du 11 bis, boulevard de l’Hôpital

L’ambiance était au beau fixe ce vendredi 16 février dans l’accueil mythique du 11 bis, à Paris, avant la fermeture du lieu le 2 avril 2018.

Fermeture du 11 bis, boulevard de l'Hôpital

publié en mars 2018

Cette journée du 16 février était l’occasion de réunir tous ceux qui ont participé à la vie de cet accueil du Secours Catholique situé au 11 bis, boulevard de l’Hôpital, dans le 13e à Paris. Des discours et de l’émotion ont ouvert les festivités.

Bien sûr il y avait la tristesse d’une aventure qui se termine, mais il y avait aussi la joie de constater que tous ont fait le déplacement, que tous ont tenu à célébrer le vivre-ensemble.

Ensemble justement, bénévoles et personnes dans le besoin ont partagé un repas festif et des chants. Ils ont pu ensuite, s’ils le souhaitaient, participer avec Marin et Félix, peintres de rue, à l’élaboration d’une fresque colorée et positive sur la façade du 11 bis.

Voici quelques portraits de ceux qui ont pris plaisir à me parler de leur engagement en tant que bénévoles et de quelques sans-abri qui ont accepté de se confier.

Marie-Thérèse est bénévole depuis dix-sept ans. Ancienne boulangère, aujourd’hui diminuée à la suite d’une chute, Marie-Thérèse continue de venir régulièrement. « Je coupe le pain, me dit-elle, je fais ce que je peux. Je suis une ancienne boulangère, vous savez ? Ils aiment qu’on leur parle. Je leur raconte des histoires de boulangerie et des histoires d’abeilles aussi. » Marie-Thérèse ne veut pas s’asseoir. Elle se tient là, debout, entre la cuisine et l’entrée, qui connaît et accueille chacun, un sourire aux lèvres.

Arrive Thérèse, elle est bénévole le vendredi. Thérèse me confie qu’une telle foi l’habite qu’il ne lui serait pas possible de ne pas redonner un peu de ce qu’elle reçoit de Dieu. Ancienne professeure de musique et chant, Thérèse aime être entourée et n’habite pas loin. « Je viens en voisine et je prie pour eux. »

Passram est mauricien. Il travaille comme mécanicien. Son bénévolat, il le vit par habitude. « C’est comme ça… À l’île Maurice j’étais bénévole, ma famille aussi. » Quand il est là, il prépare les repas, fait le service. Naturellement.

Dans une petite salle en face de la cuisine, quelques hommes sont attablés. Ils prennent un repas. Je leur pose des questions sur le 11 bis, sur leur quotidien. Ils viennent ici tout d’abord pour prendre un repas. C’est essentiel, bien sûr. Mais le lieu sert aussi aux échanges. Parler avec quelqu’un sans jugements est aussi essentiel que de manger. Et puis il y a l’aide : « On peut poser des questions au 11 bis, on aura toujours des réponses. »

Parmi les sans-abri il y a un jeune homme qui souhaite me raconter sa vie. Un parcours jalonné de souffrances. Des bénévoles l’ont trouvé dans la rue, aidé, aiguillé, accompagné… et maintenant Pierre est sur le chemin du mieux. Cela va encore être long et difficile mais l’aide était là. Pierre le reconnaît, le plus dur pour lui aujourd’hui sera de ne pas décevoir les bénévoles… Il a repris les cours et a un stage en perspective… La vie reprend.

Avant de quitter les lieux je rencontre Pierre, 61 ans. Élégant, il tient à vérifier que si je le croisais dans la rue, je ne le prendrais pas pour un SDF…

Je quitte Pierre et les autres le cœur gros. Ils m’ont souri, ouvert leurs cœurs, confié leurs difficultés… Demain le 11 bis sera fermé, mais les bénévoles toujours présents pour aider là où le besoin s’en fait sentir.

Sandrine Guiga, bénévole

Imprimer cette page

Faites un don en ligne