Délégationde Paris

Crise sanitaire

Familles à l’hôtel : garder le contact

Les bénévoles du Secours Catholique à Paris vont auprès des mamans et leurs enfants isolés dans les hôtels sociaux. «  Je me croyais seule avec les enfants, mais voir Alice, bénévole m’a donné du courage. », confie l’une d’elles .

Familles à l'hôtel : garder le contact

publié en avril 2020

Le Secours Catholique a mis en place l’accompagnement par l’alimentaire mères-enfants dit l’Apame depuis 2016 à la délégation de Paris. L’Apame est réservé aux familles que soutient le Secours Catholique, en priorité monoparentales, ayant au moins un enfant de moins de trois ans, hébergées dans des lieux qui ne permettent pas de cuisiner, en particulier des hôtels.

Ces familles s’engagent à venir chaque samedi et à participer à la vie du groupe qui s’organise autour de quatre actions : animations collectives sur différents thèmes (santé, nutrition...), accès à l’alimentaire et aux produits d’hygiène, animations pour les enfants et mobilisation sur des projets collectifs.

Crise sanitaire oblige, des femmes hébergées sont actuellement confinées avec leurs enfants dans leur chambre d’hôtel. La plupart sont isolées et sans ressources et comptent sur le soutien du Secours Catholique.

« Je ne suis pas encore sortie depuis le début du confinement car j’ai peur qu’Angelo, mon fils de trois ans, touche à tout et attrape le virus », confie Justine, d’origine camerounaise, qui vit dans une chambre de 7 m², dans un hôtel à Aubervilliers. « C’est comme la prison ici.  »

Heureusement, il y a les contacts numériques avec les bénévoles de l’Apame de la délégation et les autres familles : les groupes WhatsApp pour discuter, exprimer leur stress et leur inquiétude et, depuis le début du confinement, des appels vidéo tous les deux soirs.

«  On se donne des nouvelles, on fait aussi un peu de gymnastique et on répète ensemble des gestes barrières : se laver les mains, tousser dans son coude etc. », note Alice, bénévole. Une maman a ainsi pu demander ouvertement ce que signifiait un mètre de distance. «  C’est comme un grand pas », lui a expliqué Alice.

Au total, neuf mamans sont ainsi accompagnées. La plupart vivent seules avec leurs enfants, sans ressources. Difficile, dans ces conditions, de s’approvisionner. Habituellement, ces femmes viennent le samedi chercher un colis alimentaire dans les locaux du Secours Catholique de Paris. Samedi dernier, le colis leur a été apporté.

Alice et Fatima, deux bénévoles, ont rendu visite à chaque famille à l’hôtel, tout en respectant les règles strictes de sécurité sanitaire : pas de contact direct, le port d’un masque et de gants, avec l’autorisation de sortie pour : « assistance aux plus vulnérables  ».

« C’était difficile, certaines ont pleuré et je ne pouvais pas les consoler en les prenant dans mes bras. Elles ont peur de tomber malades et de devoir laisser leurs enfants seuls », confie Alice.

Outre la distribution de denrées alimentaires – « certaines n’avaient plus rien à manger » –, le Secours Catholique a donné aux mamans des savons, des gants, des affiches expliquant les gestes barrières et aussi des autorisations de sortie car beaucoup ne savent ni lire ni écrire.

«  Depuis, on se lave souvent les mains avec les enfants, le tout en musique, comme le conseillait Alice. On s’est filmé, ils adorent », raconte Hélène, d’origine congolaise, maman de deux garçons, reclus dans un 7m2.

Aucune autre association n’avait jusqu’ici rendu visite aux mamans. « Je me croyais seule avec les enfants, mais voir Alice samedi, m’a donné du courage  », confie Hélène. « J’ai surtout peur que l’une d’entre elles tombe malade. Comment joindre un médecin ? Qui pour s’occuper des enfants ? Elles n’ont, pour certaines, même pas de Doliprane chez elle », s’inquiète Alice. Une chose est sûre : l’Apame ne compte pas abandonner ces mamans.

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