Délégationde Paris

Crise sanitaire

Des binômes de bénévoles au plus près des personnes à la rue

Des maraudes de proximité sont en place. Elles s’organisent par arrondissement sur des lieux de vie proches de nos bénévoles afin de limiter les déplacements des acteurs et utiliser leurs connaissances du territoire. Gilles a rejoint une des équipes, il témoigne de cette première expérience.

Des binômes de bénévoles au plus près des personnes à la rue

publié en avril 2020

Elles fonctionnent par binôme. À ce jour, une trentaine de bénévoles ont été formés à «  l’aller vers spécial Covid 19  », bientôt une quarantaine.

Les finalités des maraudes sont les suivantes :

• Orientations, informations : sur le confinement, le Covid 19 santé, sur les structures encore ouvertes dans les domaines de l’alimentaire, l’hygiène, la santé...

• Soutien matériel : en fonction des besoins exprimés et de l’autonomie de la personne. Don d’un chèque-services ou courses avec ces chèques-services pour les personnes rencontrées. Nous partons sur des chèques entre 5 et 10 euros par personne

• Distribution de feuilles d’autorisation de sorties à la demande des bénévoles du 19e : 3 binômes

La mobilisation a été rapide. Il y a même une liste d’attente. Les territoires d’action sont bien couverts. Ils concernent les arrondissements suivants : 4, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 16, 17, 18,19, 20.

Gilles, bénévole, vient de rejoindre les équipes de la délégation, il parle ce ces premières rencontres avec les plus exclus de la rue : « Comme dans la journée je suis disponible, je me suis porté volontaire pour faire du bénévolat au Secours Catholique dont j’ai toujours entendu parler et dont les valeurs chrétiennes me correspondent, étant moi-même catholique.

En raison de l’actualité brulante sur le Covid19, Solène m’a proposé de faire des maraudes dans le 11e, tout proche de mon domicile. Une brève formation très riche m’a armé pour me lancer dans l’action. À ce jour, je n’ai réalisé que deux maraudes, à savoir deux séances de deux heures par semaine, dans la journée. Ca peut paraître long, mais ça passe très vite au contact des personnes à la rue.

Les consignes de sécurité sont strictement respectées avec les mesures qui s’imposent : distance, gel, masque...

Après un court questionnement sur leurs conditions de vie : hébergement, nourriture, vestiaire...nous sommes à même de renseigner les personnes sur les lieux d’accueil ouverts en cette période à Paris, les points de distribution de nourriture, les centres médicaux s’il existe un doute sur leur état de santé. Une aide financière de quelques euros peut aussi leur être consentie avec des chèques-services.

Ce qui me frappe, c’est la diversité des personnes et leurs réactions. Certains ne demandent rien, juste un échange. D’autres sont déjà parfaitement au courant des différents dispositifs sociaux ; ce sont un peu des "connaisseurs" dans ce domaine.

D’autres malheureusement sont sous l’effet de l’addiction à l’alcool, ce qui peut aggraver leur détresse personnelle et provoquer une réaction de rejet à l’égard de notre action. Mais pour la plupart, le soutien financier est le bienvenu.

J’ai rencontré aussi un certain nombre de personnes venant de pays de l’Est et aussi des très jeunes Maghrebins (15-18 ans) se retrouvant malheureusement dans la rue à la suite de la fermeture de leur foyer d’accueil.

Visiblement les actions des différentes organisations manquent d’une certaine forme de coordination. Beaucoup de personnes déclarent avoir vu passer d’autres bénévoles dans la journée ; cela est probablement dû à la situation inédite et aux délais nécessaires pour réorganiser les actions proposées d’ordinaire.

Cette expérience est riche d’enseignements pour moi et je suis heureux de pouvoir apporter une très modeste contribution au profit de toutes ces personnes en difficulté.

L’échange avec d’autres bénévoles du Secours Catholique de profils différents m’a aussi beaucoup apporté. »

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