Délégationde Paris

« Au revoir camarade » et merci !

Les amis de Claude, personnes qu’il accompagnait, compagnons d’engagements ou salariés de la délégation du Secours Catholique de Paris, étaient là pour lui dire « au revoir » ce samedi 14 avril à l’église Saint-Ambroise.

« Au revoir camarade » et merci !

publié en avril 2018

Claude, c’est Claude Blanquet, bénévole de longue date de la délégation du Secours Catholique de Paris, décédé brutalement le vendredi 16 février. Il a été inhumé le 23 février dans son pays de Fontans, en Lozère.

Le samedi 14 avril, une centaine de ses amis du Secours Catholique ont participé à la messe donnée à l’église Saint-Ambroise de Paris et au moment de fraternité qui a suivi pour partager avec son épouse, son fils, tous ses proches et amis, le lien profond qui attachait la délégation de Paris à Claude.

À travers les voix d’Henri, Isabelle et Onito, à travers les photos collectées par Souleymane, les mots de Jacques et Nicole (reproduits ci-dessous), l’engagement de Claude se distingue, entre joie et profondeur, à l’image de cette journée organisée pour lui.

« Toi notre ami, notre frère », chanson interprétée par Henri, Isabelle et Onito :

Discours prononcé par Jacques et Nicole :

« Impressionnant par sa disponibilité, son écoute et sa volonté de répondre à la demande. D’abord on dit “oui”, et ensuite on cherche comment. La méthode doit rester au service du but recherché.

Nous nous sommes mieux connus, grâce au groupe de Saint-Ambroise, dans le cadre de Fratello [1].

Claude, Jacques, Nicole, des personnalités si différentes mais qui se sont entendues tout de suite. Notre groupe et nous trois avons vécu une vraie fraternité, comme le voulait le pape François qui nous avait invités. Je me souviens de sa joie, de notre joie quand nous sommes partis ensemble pour aller chercher le train. Ce sentiment d’être des privilégiés laissant “à la maison” tous les copains qui étaient venus nous accompagner jusqu’à la porte !

Alors Claude, dans les rues somptueuses de Rome, nous guidant avec lyrisme et une joie enfantine, et nous subjuguait, avides que nous étions de savoir. Vous pouvez facilement imaginer la scène ! Nous avons appris à ouvrir l’œil avec lui, et Onito, ici présente, essayait de prendre tout en photo. Merci Claude pour cette belle leçon !

Ce plaisir de découvrir à pied les beautés parfois cachées de la ville, il nous l’a aussi communiqué à Paris, à Saint-Denis. Quelle belle connaissance de notre patrimoine !

Maintenant, Claude, obligé de suivre tout le groupe du Secours Catholique. Est-ce que vous croyez qu’il a porté le K-way, le foulard, le sac à dos qui nous avaient été distribués pour ne pas nous perdre ? On a souvent entendu cette phrase : “Ils nous ennuient avec leurs consignes !” Et ça nous a fait du bien cet esprit de liberté, cet esprit un peu frondeur, il nous a permis de faire corps en tant que fraternité. D’autres veillaient à ce que tous suivent, ainsi nous nous sommes appuyés les uns sur les autres et chacun a pu laisser apparaître ce qu’il était vraiment. “Des moutons, nous ?” Non, une communauté de grandes personnes à la rencontre du pape. C’est ça qu’on était, et c’est bien ce que François voulait !

Enfin, Claude, face à la misère, son attention aux autres. Il avait l’air de planer, comme d’habitude, mais il a montré une empathie réelle. Émotion… mais discrétion ! À l’aise avec tout le monde, du prétendument plus grand au prétendument plus petit. Il était naturellement en phase, sur un pied d’égalité avec tout le monde. C’était ça l’intelligence de Claude.

Ce qui nous particulièrement marqués c’était sa grande générosité et sa persévérance envers les personnes accueillies, qu’il connaissait d’ailleurs souvent depuis longtemps. Et aussi son engagement en faveur des pauvres, mot que nous pouvons utiliser sans condescendance, bien au contraire, comme nous l’a enseigné le pape.

Oui, Claude était engagé et avait le courage de le dire même lorsque cela pouvait remettre en cause certaines habitudes. Parfois même la colère lui venait. Cet engagement reposait aussi sur une connaissance approfondie de nos sociétés, ce n’était pas pour rien qu’il avait ce haut niveau d’un chercheur universitaire. Sa culture nous impressionnait mais le dialogue était simple et passionnant. Il avait souvent un livre à nous recommander sur des sujets pourtant bien divers. Il aurait pu dire avec humour, comme Christian Bobin, qu’il appréciait nous a dit Corinne, dans son livre « L’Homme-joie [2] » : “ce qui me manquera le plus dans l’éternité ce sont les livres, le reste ne sera que délice”.

Sa persévérance dans le traitement des cas, sa colère lors des commissions financières. Sa grande culture lors de nos échanges dans le cadre de Chercheurs de sens. La justesse de ses raisonnements. Son à-propos quand il intervenait pour rebondir sur ce qui venait d’être dit. Sa capacité à calmer le jeu quand ça commençait à devenir “chaud”. Sa façon de prendre des notes n’importe où sur sa feuille, à les mettre dans un cercle et à les rattacher les unes aux autres avec des flèches, témoignant d’un grand esprit de synthèse.

Oui, la brusque nouvelle de son décès nous a révélé notre très grand attachement à sa personne, sensible, amicale et généreuse. La profondeur de cet attachement nous assure qu’il est toujours là.

Oui nous te disons : “Au revoir, camarade !”

[1] Du 11 au 13 novembre 2016, à l’occasion du Jubilé de la miséricorde, le pape François a invité à Rome 6 000 Européens, des personnes de la rue ou qui ont connu la rue, pour participer à Fratello, le festival de la joie et de la miséricorde. Plus d’une cinquantaine de personnes de la délégation du Secours Catholique de Paris ont participé à ce grand rassemblement.

[2] C. Bobin, « L’Homme-joie », éd. L’Iconoclaste, 2012.

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